L'inceste



L'inceste : parlons-en, ne gardons plus le silence.

En France, la Haute autorité de Santé a validé en mai 2011 plusieurs recommandations sur le repérage des maltraitances sexuelles intrafamiliales envers un mineur, autrement dit l'inceste, à destination des médecins.

L'ordre national des médecins propose un modèle de signalement de sévices à mineur.

C'est une excellente initiative, dans la mesure où les professionnels de la santé peuvent jouer un rôle clé dans de telles situations.

L’enfant victime d’inceste dénonce difficilement les faits dont il est victime, notamment:
- par crainte des représailles de l’agresseur,
- par crainte des conséquences sur sa famille,
- par méconnaissance de la nature exacte des faits commis.

Les conséquences de l’inceste sur le développement de l’enfant peuvent être dramatiques. C’est pourquoi il est important que les adultes se souviennent que c’est leur rôle de protéger les enfants. Si un proche agresse l’enfant, c’est aux autres adultes d’intervenir pour faire cesser la maltraitance.

Ne pas dénoncer des faits de maltraitance permet à l’agresseur de continuer. Or, plus la maltraitance perdure, plus il est difficile pour l’enfant de se reconstruire. Un enfant victime de maltraitance non dénoncée ne peut pas bénéficier de prise en charge sociale, juridique et thérapeutique.
Devenu adulte, il est possible qu’il développe des comportements défensifs qui ne seront pas adéquats en société, par exemple, des difficultés relationnelles et affectives, ou plus grave, une addiction à des produits pour fuir la souffrance, la dépression, voire le suicide. C’est donc une responsabilité de santé publique d’aider et soutenir ces enfants victimes.
Il est important également de ne pas dire à un enfant qui dénonce spontanément des faits de maltraitances sexuelles qu’on ne le croit pas. Mieux vaut lui dire qu’il a bien fait d’en parler et à l’adulte ensuite d’aller demander de l’aide et des conseils.

En France, le numéro d'urgence de l'enfance maltraitée est le 119, accessible 24h/24 et 7j/7.

Mieux vaut appeler et se tromper que ne rien faire et laisser la situation empirer : le 119 n'est pas une instance juridique, il peut vous aider à clarifier une situation et vous oriente le cas échéant sur des associations d'aide.
Il est donc primordial que les enfants soient écoutés et entendus. Cela implique une attitude adaptée et une vigilance toute particulière. Si l’entourage familial n’est pas en capacité d’écouter l’enfant, c’est aux autres adultes de le faire et notamment les professionnels de santé du fait de leur place privilégiée.

Il ne faut pas attendre d'avoir des doutes pour faire quelque chose. Il faut généraliser les principes énoncés ci-dessus à tous les enfants, tout le temps. Plutôt que de dire "celui-ci semble être victime de maltraitance, soyons vigilants", il faut être attentif continuellement avec tous les enfants.

Mettre fin à un inceste est extrêmement difficile. On touche là au cercle familial et un mineur aura du mal à dénoncer quelqu'un de sa famille. Pourtant, ce type de maltraitance sexuelle est beaucoup plus important que les autres types de maltraitance.

Lorsque l'enfant parle, les adultes ont du mal à le croire du fait de la gravité des actes commis et surtout de la peur des conséquences.
Les adultes préfèrent parfois se taire aussi…

Malheureusement, si l’adulte ne relaie pas la parole de l’enfant, il est possible que l’enfant se taise et n’en reparle plus, en se disant par exemple : "Si l’adulte ne dénonce rien, c’est que c’est normal, c’est que ce n’est pas grave".

Les conséquences en seront d’autant plus dramatiques : l’enfant intègre une souffrance comme référence pour grandir.
La prévention auprès des enfants est fondamentale : les aider à développer leur confiance en soi et leur estime de soi pour oser répéter à d’autres adultes jusqu’à ce qu’ils soient crus.
Il ne faut pas oublier qu’il faut énormément de courage à un enfant pour dénoncer un adulte.

Ne restons plus silencieux, parlons-en !

Demandez de l'aide à un professionnel : psychologue ou psychiatre



Pages proposées aux soignants :


Texte rédigé par Agathe Lemoine psychologue psychothérapeute